
8 travailleurs sur 10 ouverts au soutien en santé mentale
Ils sont prêts à se faire aider, mais ignorent souvent vers qui se tourner : 80 % des travailleurs belges utiliseraient un programme de soutien en santé mentale s’il était proposé par leur employeur. Et pourtant, quand ils en ont besoin, différents éléments freinent l’utilisation de ces dispositifs : 21% des travailleurs ignorent si ces solutions sont disponibles chez leur employeur, 45% ne savent pas comment y accéder et 48% ne souhaitent pas évoquer leurs difficultés d’ordre psychologique. À l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, ce samedi 10 octobre, AXA Assurances met en lumière ce décalage entre le besoin d’aide, son accessibilité, et son recours effectif. Un constat qui invite les collaborateurs, les employeurs, les professionnels de santé, les pouvoirs publics et les assureurs à réfléchir à la manière de mieux faire connaître ces dispositifs et de favoriser leur utilisation précoce en prévention.
À l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, AXA rappelle les résultats du Mind Health Report 2026* consacré au monde professionnel afin de mieux comprendre le bien-être mental au travail ainsi que la place que peuvent y occuper le soutien et la prévention. Le lieu de travail représente un paradoxe car il s’agit d’un environnement où les difficultés de santé mentale peuvent se manifester, mais aussi d’un espace où l’aide et le soutien peuvent être mobilisés, faisant de lui un lieu où la personne peut trouver un appui essentiel, et où la prévention peut pleinement jouer son rôle.
Les jeunes actifs particulièrement concernés
Les résultats confirment que les travailleurs ne sont pas tous égaux face aux difficultés de santé mentale. Les jeunes actifs apparaissent comme l’une des populations les plus vulnérables. Parmi les répondants du segment des 18-34 ans, 44% ont été en arrêt maladie au cours des 12 derniers mois pour des problèmes liés à leur santé mentale ou psychologique, contre 31% pour l’ensemble des travailleurs interrogés.
Les résultats de l’étude montrent toutefois que les jeunes collaborateurs déclarent également se sentir davantage soutenus sur leur lieu de travail. Une tendance qui suggère que vulnérabilité et ouverture au soutien peuvent aller de pair.
La santé mentale reste difficile à aborder au travail
Malgré une sensibilisation croissante à la santé mentale, le sujet reste difficile à aborder dans l’environnement professionnel.
41% des employés hésitent à parler de leur santé mentale au travail par crainte d’être jugés. Plus largement, seule une petite majorité des travailleurs perçoit sa culture d’entreprise comme ouverte à ces questions (54%), encourageant la discussion autour de la santé mentale (50%) et apportant du soutien (53%).
Autrement dit, près d’un travailleur sur deux estime que son environnement professionnel n’est pas suffisamment ouvert ou soutenant pour aborder pleinement ces sujets.
Des dispositifs de soutien encore trop peu connus des travailleurs et un stigma encore trop présent
Si parler reste difficile, l’intérêt des travailleurs pour davantage de soutien est en revanche manifeste. 80% indiquent qu’ils seraient prêts à utiliser des programmes et services liés à la santé mentale, s’ils étaient proposés par leur employeur.
Entre l’existence d’un dispositif et son utilisation effective, plusieurs barrières subsistent néanmoins. 45% des travailleurs ne savent pas comment accéder aux dispositifs, services ou aides existants.
Même parmi les collaborateurs qui connaissent les politiques proposées par leur entreprise et savent qu’ils peuvent y recourir, certains freins subsistent, notamment le manque de temps (31%), la crainte du jugement (29%) et la peur des conséquences pour la carrière (27%).
Cette tendance est également soulignée par le professeur Lode Godderis, CEO d’IDEWE et professeur de médecine du travail à la KU Leuven: « Même si on parle plus ouvertement de nos ressentis, il existe encore une crainte de réactions négatives. Les gens ont surtout peur que leurs collègues ou leur manager voient cela comme une faiblesse ».
Managers et indépendants particulièrement sous pression
Au sein de la population active, certaines catégories apparaissent particulièrement exposées aux difficultés de santé mentale. C’est notamment le cas des managers, dont le rôle dans l’accompagnement des équipes s’accompagne de responsabilités susceptibles d’accentuer la pression ressentie, ainsi que des indépendants.
39% des managers indiquent que leurs responsabilités professionnelles ont un impact négatif sur leur santé mentale. Parmi leurs principales difficultés figurent l’équilibre entre les besoins de leur équipe et la pression organisationnelle (31%), la gestion des conflits ou des problèmes interpersonnels (30%) et les conversations difficiles liées notamment à la performance ou au feedback (29%).
Une vulnérabilité accrue est également observée chez les indépendants : 52% ont du mal à donner la priorité à leur propre bien-être mental, un chiffre qui atteint 62% chez ceux qui exercent seuls leur activité.
Faire évoluer l’assurance : de la protection à la prévention
La place croissante de la santé mentale au travail fait aussi évoluer le rôle des acteurs de la santé.
Pour l’assurance, l’enjeu est de compléter la protection et la réintégration par la prévention, en facilitant l’accès à l’information, aux outils et au soutien dès les premiers signes.
AXA veut accompagner cette évolution : protéger lorsque le risque survient, mais aussi agir davantage en amont.
« La prévention doit devenir une démarche individuelle aussi naturelle que celle que nous avons progressivement adoptée pour notre santé physique », explique Céline Dupont, Chief Life & Health Officer chez AXA Belgium.
Et c’est exactement en participant à un écosystème composé de professionnels de santé et du système de soins que les assureurs peuvent aider les employeurs à travers d’outils préventifs à soutenir le bien-être mental des collaborateurs. La prévention est en effet une responsabilité partagée entre les individus, les employeurs, les soignants, les assureurs et les pouvoirs publics.
Méthodologie : Étude IPSOS pour AXA, réalisée auprès de 19 000 adultes, dont 1 000 Belges âgés de 18 à 75 ans dans 18 pays d'Europe, d'Amérique et d'Asie, du 12 janvier au 16 février 2026. Sur les 1 000 répondants belges, 569 sont actifs professionnellement et leurs réponses ont fait l'objet d'une analyse spécifique consacrée au bien-être mental au travail.





